Lettre N° 63 - Janvier-Fevrier 2010

FEDERATION DES ASSOCIATIONS D’ACCUEIL DES MARINS

Membre du Comité International pour le Bien Etre des Marins (I.C.S.W)

7 rue Blanche 75009 PARIS

 

N°63 Janvier/Février 2010

France Ports Accueil

Edito

Avec la crise  nous rencontrons à nouveau dans nos  ports des situations de marins abandonnés comme celles que nous avions connues dans les années 1980. A la suite des rencontres de Paris de 1993 et de Rézé  cinq ans plus tard, elles ont été à l’origine de la création de la Faam en 1998. Un des buts de ce regroupement, sans porter atteinte à leur autonomie, des différentes associations d’accueil maritimes disséminées sur le littoral était d’assurer une coordination  la plus efficace possible des actions entreprises face aux problèmes tel que ceux posés par les équipages abandonnés  à bord des navires saisis pour pouvoir profiter de l’expérience acquise par les uns et les autres…

Au risque de laisser moins de place aux autres rubriques, ce bulletin consacre une large partie à cette question. Vous y trouverez un rapport sur le dispositif français d’aide aux équipages abandonnés ainsi qu’un témoignage d’un marin qui a connu cette triste situation. A noter que les marins de ce navire furent rapatriés par l’Etat du pavillon. C’était  en 1984. L’actualité nous apprend chaque jour l’existence de nouveaux cas. On ne peut que s’en inquiéter. Face à l’augmentation des besoins  le dispositif retenu arrivera rapidement à bout de souffle et ne pourra répondre aux demandes. La situation se complique encore avec la baisse du prix des navires saisis, tant sur le marché de l’occasion ou de la ferraille. Leur vente ne permettra pas de reconstituer le fonds mis en place par l’Etat pour l’aide aux marins abandonnés, et ce d’autant plus que, actuellement, la créance des marins n’est pas privilégiée au premier rang.  Un autre facteur aggravant c’est la profusion de pavillons de complaisance « exotiques». On ne peut que difficilement imaginer que les Etats dont ils portent les couleurs ait les moyens d’assumer les responsabilités liées à la location de leurs pavillons.

 

En début de cette année 2010 baptisée par l’OMI « année du marin « il est grand temps que soit réellement appliquée la Convention 166 du BIT sur le rapatriement des Gens de Mer et que soit rapidement ratifiée la nouvelle Convention  du Travail Maritime 2006. On ne peut que le souhaiter, et agir dans la mesure de nos possibilités,  pour que ces deux instruments du Bit soient mis en application.        , Angel Llorente

 

Sommaire

C’était il y a dix ans Page 1

Rencontre biannuelle et A.G. de la Faam 2010         2

Assemblée Générale du Comité International pour le Bien Etre des Marins         2

Assemblée Générale de la Faam 2009         2

Marins abandonnés – Dispositif français d’aide aux équipages abandonnés        3/4

- «  - Récit d’un marin abandonné        4/6

Nouvelles des ports : Dunkerque/Loon Plage – St Malo – Lorient – Bayonne – La Rochelle/Pallice -  Port de bouc – Marseille               6/8

C’était il y a dix ans …

La Fédération, tout en évoquant l’histoire de l’accueil des marins, grandit et joue grâce à France Ports Accueil, son indispensable rôle d’information.

L’histoire, c’est bien sur la maison des Œuvres de Mer de Saint Pierre et Miquelon, devenu le foyer Stella Maris dont l’animateur infatigable fut Mgr Maurer, décédé au printemps 2000.

Après 18 mois d’existence, la FAAM grandit.  Tandis que les Amis des Marins préparent à Dunkerque leur cinquantenaire, Calais et Loon Plage démarrent et Granville et Port la Nouvelle s’apprêtent à rejoindre le réseau des foyers maintenant relié par intranet

La FAAM remplit son rôle d’information pour permettre à ses membres de mieux connaître les institutions comme I.C.S.W., les initiatives comme le numéro gratuit d’appel pour les marins demandant de l’aide, les offres de cartes téléphoniques ou le bulletin d’informations pour les marins philippins.

Le dossier des marins abandonnés s’enrichit des leçons tirées par le Parlement européen et le Conseil Economique et social du naufrage de l'Erika : demande de contrôles des normes sociales sur les navires et ratification de la convention de l’OIT sur les rapatriement. Mais on sait que cette convention, maintenant ratifiée ne permet pas encore au gouvernement français de s’exonérer des frais de retour des marins abandonnés !

Enfin Frédéric Steinschneider fait d’intéressantes suggestions pour une coexistence heureuse des salariés et des bénévoles dans les foyers. Elles sont toujours d’actualité ! Alain C.

 

 

Rencontre biannuelle des ports d’accueil et Assemblée Générale de la FAAM

 

se tiendront à Anglet (Bayonne) le samedi 2 octobre  et le dimanche 3 octobre 2010. Arrivée le vendredi soir 1er octobre.

 

Assemblée générale du Comité International pour le Bien Etre des Gens de Mer(I.C.S.W.)

se tiendra Barcelone du 24 au 26 mars. Cette année 2010 définie comme l’année internationale du marin et la ratification prévue de la Convention 2006 nous offrent d’intéressantes opportunités de sensibiliser l’opinion.

 

Assemblée générale de la Faam 2009.

Ce texte est surtout destiné à donner quelques informations à  ceux qui, n’étant pas membres de la FAAM, ne reçoivent pas le procès verbal, beaucoup plus complet, rédigé par le Secrétaire.

C’est dans l’immeuble, cher aux marins, de la place de Fontenoy à Paris, dans une salle mise aimablement à notre disposition par le Directeur de l’ENIM que  s’est tenue l’assemblée générale de la Faam le 19 janvier 2010. Aux délégations des ports de Dunkerque, Loon Plage, Calais, Rouen, le Havre, Brest, Saint Nazaire, Nantes, la Rochelle/Pallice, Marseille, s’étaient joints le Vice amiral Bernard du Vignaux, nouveau Président de la Société des Œuvres de mer, Philippe Martin, Président de la Mission de la Mer, Marc Bouchon, représentant l’Apma. Nous avions invité Mme Yamina Gibertie, de la Direction des Affaires Maritimes, avec qui nous travaillons au sein du Conseil Supérieur de Prévention des risques professionnels maritimes et du bien être des gens de mer, et M. Dominique Paumard de l’ENIM à assister à notre AG. Au moment où l’Etat se reconnaît, par la création des commissions portuaires de Bien Etre placées sous son autorité ( le Préfet ou le délégué à la Mer de la DDTM) ou de son délégué, en l’occurrence le Directeur Départemental du Littoral et de la Mer, une responsabilité dans l’accueil des marins, il était bon qu’ils soient présents. Nous avons joué « gagnant/gagnant » car ils ont pu au travers des interventions des  délégués des ports, avoir une vue beaucoup plus complète de la situation sur le terrain des différents foyers, de leur action, de leurs problèmes. Et nous-mêmes avons eu des réponse aux questions posées Nous avons particulièrement apprécié que M.Michel Le Bolloc’h, Directeur de l’ENIM, ait pu se libérer et nous consacrer quelques instants. Il  nous a donné  des informations sur les changements de son administration actuellement en cours, répondu à nos questions et rappelé  que l’ENIM, dans la mesure de ses possibilités, soutiendra l’accueil de nos foyers,notamment via l’AGISM dont il a réaffirmé la vocation sociale.  ; .

Pratiquement tous les foyers connaissent des problèmes de bénévoles et de financement. Beaucoup d’espoir est placé dans la création des commissions portuaires mais à la date du 19 décembre 2009 seulement  6 ;,b ports sur les 16 prévus s’en étaient dotés.

Le Conseil a approuvé les rapports d’activité et financier et procédé au renouvellement du bureau et à l’élection d’un vice président chargé de Côte Atlantique. C’est Roger Guillou qui a été élu à ce poste. Il a bien voulu conserver son poste de secrétaire, aucun candidat ne s’étant proposé. Mme Nicole WEBER a accepté le poste de Trésorière. Les cotisations devront être adressées à son adresse : 12 rue Lemaistre 76600 LE HAVRE.

Le Conseil a approuvé les motion suivantes qui ont  a été adressées au Directeur des Affaires Maritimes et au Directeur de l’ENIM :

 

a) – Réunie ce jour en Assemblée générale, la Fédération des Associations d’Accueil de Marins (FAAM) demande :

-        que l’année 2010, «  année du marin  » décrétée par l’Organisation Maritime Internationale, voie la mise en place des commissions portuaires de bien-être instituées par l’arrêté du 15 décembre 2008, instances de concertation et de partenariat indispensables à l’adéquation des moyens et  services de bien-être portuaires aux besoins des gens de mer.

-        que dans le cadre de ces commissions soit harmonisée dans tous les ports  le montant par escale de la contribution des armateurs aux services offerts à leurs équipages, en attendant l’étude par le Conseil Supérieur des Gens de Mer, d’une obligation de rémunération de ce service, comme c’est le cas pour les autres services fournis par les ports.

b) – Réunie ce jour en Assemblée Générale, la Fédération des Associations d’Accueil de marins (FAAM) a pris acte avec satisfaction du projet de circulaire de la Direction des Affaires Maritimes à ses services sur la gestion des navires et équipages abandonnés dans les ports. Compte tenu de son expérience sur ces drames depuis onze ans,  la FAAM demande :

-        à être associée à l’élaboration de cette instruction.

-        que pour faciliter cette gestion, le Délégué à la Mer et au Littoral assure au plan local la coordination des actions humanitaires, judiciaires et administratives.

-        que pour assurer en cas de vente judiciaire du navire le paiement rapide et complet des salaires des marins, soit ratifiée par la France (comme l’avait demandé le rapport du groupe de travail de mars 1999) la Convention Internationale de Genève ONU – OMI du 6 mai 1993 sur les privilèges et hypothèques maritimes. A.LL.

Marins abandonnés

Dispositif français d’aide aux équipages abandonnés

 

En vue de formaliser le dispositif en faveur des marins abandonnés dans le cadre du Grenelle de a Mer et présenter l’instruction relative à celui-ci, le bureau du Travail Maritime de la Direction des Affaires Maritimes a convié, le 28 janvier 2010,  des représentants d’organisations syndicales, d’ITF, de l’Agism,  des associations d’aide aux marins, de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration ( O.F.I.I.- qui prend en charge les marins abandonnés souhaitant être rapatriés ) du Service Social Maritime, de l’Inspection du Travail, du Contrôle des navires. La motion adoptée au cours de l’A.G. du 19 janvier de la FAAM, motion demandant que, compte tenu de notre expérience dans le domaine des marins abandonnés ; nous souhaitions être associés à l’élaboration de la circulaire des Affaires Maritimes, nous a valu une invitation de dernière minute à laquelle j’ai bien volontiers répondu. En ouvrant la séance, le Directeur des Affaires Maritimes, M.Damien Caze rappelle que l’année 2009 a connu 8 cas de pré abandon ou d’abandon que les organismes cités plus haut supra ont eu à traiter. Indépendamment des frais de rapatriement pris en charge par l’O.F.I.I. les Affaires Maritimes ont eu à débourser 130.000€. Cette somme devrait être récupérée à la vente des navires arrêtés mais il faudra certainement attendre de nombreux mois d’abord pour la vente et ensuite pour le versement aux créanciers. Comme le souligne, M.Caze, le «  bas de laine « * se vide alors que l’année 2010 risque d’être aussi difficile que 2009 , et que le prix des navires connaît une baisse importante. M.Caze , ayant d’autres engagements, est obligé de quitter la réunion, il reviendra un peu plus tard et c’est M.Levert, Sous Directeur des Gens de Mer , qui continue à mener les débats. Un tour de table s’établit pour la présentation des différents partenaires. Le secrétaire du Syndicat FO s’étonne que l’instruction prévue être présentée n’ait pas été remise en début de séance pour en permettre l’étude.  Cette circulaire n’est pas encore prête, de nombreux ministères devant être interrogés, notamment  celui de l’Intérieur qui doit préciser le périmètre de sortie autorisé pour les marins. Cette restriction scandalise un inspecteur ITF, ancien long courrier, qui n’a pas connu de telles barrières dans la plupart des pays, sauf les totalitaires  où il a fait escale. Parmi les navires arrêtés figure un ferry, l’ONYX  qui a connu des problèmes au large de Brest et a été conduit au port. Il était  hors d’état de reprendre la mer tant que d’importants travaux n’auront pas été effectués Pour l’Inspecteur d’ITF rattaché à  la C.F.D.T. il y a trois responsables : l’Etat du pavillon qui doit contrôler l’état du navire,  la société de classification et l’Etat du port (Finlande) qui a laissé partir ce navire. Les inspecteurs du Travail Maritime ont rejoint le corps général des Inspecteurs du Travail et rattachés au Ministère du Travail, des Relations Sociales et de la Solidarité. Cette décision est regrettée car les conditions de travail et de vie du marin sont bien spécifiques et nécessitent d’être traitées par du personnel spécialisé permettant ainsi, comme souhaité par le Grenelle de la Mer (engagement 113) un contrôle effectif et direct des normes sociales à bord de  tous les navires faisant escale dans nos ports. . Le représentant du Ministère du Travail en prend bonne note. L’inspecteur ITF de Méditerranée estime que les « ships broker» -  courtiers maritimes – s’ils ne tiennent compte  que du taux d’affrètement des navires,  encouragent la venue de navires hors normes qui sont évidemment les moins chers. Il se penche aussi sur la question des navires du Programme Alimentaire Mondial et souhaite que les navires hors norme ne soient pas utilisés pour ces transports alimentaires. Pour ma part je fais remarquer qu’il est peu question,  dans les documents présentés, de la responsabilité des  Etats qui louent leur pavillon sans assumer les obligations de contrôle de l’état des navires et du rapatriement des marins de ces navires lorsque l’armateur fait défaut. J’éprouve quelques craintes quant au financement futur des dépenses engagées pour le rapatriement des marins et je cite l’exemple du «  Karelya «, ce paquebot de croisière arrêté dans le port de Nouméa il y a quelques années à la demande d’un chantier de Brême dont la facture des travaux effectués sur un autre navire de la même compagnie n’avait pas été réglée. Les passagers ainsi que les marins australiens avaient été débarqués. L’équipage restant comptait 220 membres, (76 femmes, 143 marins et un petit garçon). . Ce navire était amarré en ville, suscitant un énorme mouvement de solidarité de la part de la population unie dans un collectif «  Karelya Solidarité «  qui a fourni, pendant quatre mois,  ravitaillement, carburant et financé le rapatriement d’une trentaine de membres d’équipage (hommes et femmes) qui commençaient à présenter des troubles mentaux après ces longs mois d’angoisse. Finalement le Président du Tribunal de Commerce a levé la saisie. Je rapporte également l’exemple du « Samarkand » navire sous pavillon de complaisance, arrivé à Dunkerque fin 1995, équipage entièrement russe, pas payé depuis 5 mois. Le navire est arrêté au Port Ouest. Ravitaillement ; cartes téléphoniques, aides diverses sont fournis par des organisations caritatives, des particuliers, des collectivités après une campagne d’information organisée par les associations d’accueil de marins et les missions confessionnelles et un passage remarqué à la télévision du Rev. Tony Rimmer.  . Pour soutenir leur moral, nous avions invité des marins à peindre une fresque de plusieurs mètres carrés au Seamen’s Club. Ils étaient ainsi moins gênés pour accepter les cartes téléphoniques offertes, leur dignité était ainsi respectée. Le navire a été vendu en septembre 1996 et a été conduit par  l’équipage à son nouveau propriétaire. Son bon état a permis d’en obtenir un bon prix mais le produit de la vente n’a été distribué qu’en mars 1997  Pascal Pouille, inspecteur d’ITF, qui effectue de longs séjours à l’étranger, notamment en Turquie, dresse le tableau de ces dizaines de navires abandonnés sur rade d’Istanbul et le drame des marins restés à bord. L’accélération du processus entre l’abandon des marins et leur rapatriement est demandé par un Inspecteur ITF. A ce propos l’aide de la Justice est souhaitée. Après plusieurs interventions diverses, notamment celle du Directeur du Service Social Maritime qui indique que son service est prêt à apporter sa collaboration, il est décidé de revoir le projet et de proposer un nouveau texte tenant compte des différentes remarques formulées. Cela demandera quelques semaines.           Angel Llorente.

  • de manière à venir en aide rapidement aux marins abandonnés , le gouvernement français avait décidé de la création , dans la loi de finances 2002, d’un fonds d’intervention permettant de 305 000€ permettant de faire des avances sur salaires remboursables sur la vente du navire.

Nombre de marins rapatriés par l’O.F.I.I. en 2009 : 55 (4 Roumains, 16 Philippins, 14 Russes, 12 Ukrainiens, 9 Turcs. Montant des aides versées depuis 2002 144 040 dont 130.845 pour la seule année 2009. Angel LL .

 

 

Récit d’un marin abandonné à bord du «  Sea King « Venant du Lagos, Nigeria, nous entrons à Dunkerque où nous nous amarrons à 1 H. le 4 Décembre 1983.. Nous sommes heureux d'être dans un port d'Europe bien équipé pour ravitailler et entretenir le navire. Nous espérons aussi recevoir nos salaires. L’agent nous apporte notre courrier et l'annonce que nos salaires sont en route. Joie â bord. Nous faisons notre maximum pour maintenir le navire en parfait état malgré son âge. Le chargement de sucre avance. Noël est proche, une grande fête pour les Philippins de l'équipage, tous chrétiens. Les jours passent : on interroge l'agent chaque fois qu'il vient à bord "Où sont nos salaires ?" Pendant les arrêts de travail il y a toujours quelqu'un qui va sur le pont pour voir si, sur le quai, il n'y a pas un camion de ravitaillement, ce qui voudrait dire que l'argent est arrivé. Cela devient une routine car c'est l'habitude de la Compagnie GLOBAL BRIDGE LTD d'envoyer les vivres avant la solde de l'équipage. Noël approche, mais pas d'argent ni de vivres. Nous ne sommes quand même pas trop soucieux car le chargement de sucre avance bon train. - Noël : toujours pas d'argent. Le maître d'équipage  demande au commandant de nous accorder un peu d'argent pour fêter ce jour : nous recevons chacun une petite avance de 200 F.00 ; nous célébrons Noël au Seamen's Club. Le chargement de sucre est terminé avant la fin de l'année. - Nouvel An : toujours pas d'argent. Personne n'a d'argent, même l'officier radio (qui fait le commissariat), qui a partagé ses derniers fonds pour Noël ; chacun se sent bien seul. La nouvelle d'un coup d'Etat au Nigeria éclate : nous devons rester à Dunkerque jusqu'à ce que le pays soit rouvert à la navigation. -  10 Janvier : les vivres arrivent ; quelques jours plus tard l'argent. La somme reçue ne couvre que la moitié de ce qui nous est dû. Comme quelques officiers doivent débarquer, ils ont la priorité pour être payés. Nous ne recevons qu'un peu d'argent. C'est la seconde avance depuis que nous sommes embarqués, nous comptons maintenant 7 mois de bord. Le navire déhale au quai de l'Escaut (environ 8 Km. du centre) ; on nous dit que nous devons appareiller dans 15 jours. On apprend que le navire est saisi, à la demande d'un créancier et ne peut appareiller avant que Global Bridge Ltd n'ait payé sa dette. - Pendant le séjour au quai de l'Escaut, alors que le navire a tout son chargement de sucre, nous notons les visites fréquentes de personnes qui examinent le navire. Nous réalisons qu'il y a des problèmes. Nous en sommes certains lorsque le navire est déhalé à son poste primitif de chargement, où est redéchargée sa cargaison.- Le Capitaine envoie des messages à l'armateur basé à Londres, demandant des vivres, nos salaires. L'armateur demande de patienter 15 jours, de ne pas se tracasser, il enverra l'argent. Nous continuons à entretenir soigneusement le navire. Nous ne négligeons jamais notre devoir : une grève ne servirait à rien. Nous n'avons plus d'argent. Quand nous ne sommes pas trop fatigués par notre travail, nous allons au Seamen's Club qui devient le lieu où nous nous délassons, où nous oublions nos soucis. Le chapelain et son assistant, organisent des rencontres de basket. Des délégués du « Philippines Seamen Assistance Program » de Rotterdam se déplacent pour jouer avec nous. Après la rencontre nous discutons de nos problèmes, mais notre cas est déjà exposé à ITF. - 15 jours se passent : toujours rien. Le Capitaine télexe pour demander des provisions parce que les nôtres seront bientôt terminées, de même que l'eau. On nous promet de nouveau d'envoyer de l'argent, des vivres et de l'eau.

Comme nous n'avons pas d'argent, nous demandons au Chef Mécanicien de pouvoir utiliser la V.H.F. du navire pour appeler notre agent à Manille (PACIFIC ASIA OVERSEAS SHIPPING CORP), l'informer de notre situation, lui demander son aide. Il promet d'intervenir auprès de l'armateur ; il nous apprend que l'armateur n'a pas envoyé d'argent pour nos familles. Il nous dit également que l'armateur, qui a des difficultés financières à la suite du coup d'État au Nigeria, doit entamer un contentieux contre le gouvernement nigérian pour se faire payer. Nous l'informons de notre intention d'agir si nous ne sommes pas ravitaillés et payés ; il nous demande d'attendre encore 15 jours. Au bout de quelques jours, nous ne pouvons plus utiliser la V.H.F. car les factures n'ont pas été payées et nous n'avons pas d'argent pour téléphoner. De tous nos soucis, le plus lancinant est celui de nos familles qui n'ont pas reçu de délégations. Nous attendons avec patience et persévérance que Global Bridge Ltd tienne ses promesses, même si nous savons que d'autres créanciers de la Compagnie ont fait saisir le navire pour le faire vendre. Nous en avons assez des promesses non tenues, nous avons trop souffert, non seulement nous-mêmes mais également nos familles. - Les provisions reçues le 25 Mars sont suffisantes pour un mois seulement et nos rations sont réduites. Le navire a été saisi le 28 Janvier, nous n'avons plus d'argent à Dunkerque depuis la fin de Février, l'armateur n'a plus le souci du navire et de l'équipage, ne fournissant plus ni vivres, ni eau, soins médicaux ; il avait déjà fermé ses bureaux alors qu'il continuait à nous faire des promesses. Pour cela, conduits par le Chef Mécanicien, nous entamons une action, sommant l'armateur de payer nos salaires ou nous entamons une procédure. La date fixée par notre ultimatum passée sans aucune action de l'armateur, nous contactons I.T.F. dont le représentant vient à bord avec le chapelain et son assistant.  Ils connaissent notre problème, contactent I.T.F. à Londres et nous fournissent un avocat qui pourra plaider pour nous. Pour accélérer la procédure et avec l'accord des autorités maritimes européennes, notre cas est exposé aux Prud'hommes. Cette juridiction s'estime compétente pour traiter notre affaire. Un arrêt doit être rendu le 14 Mai, mais l'agent consignataire le fait reporter, demandant à être créancier prioritaire puisqu'il a déposé sa demande avant l'équipage. Finalement le tribunal décide que les créanciers seront, dans l'ordre : les Douanes (droits de quai et autres) l'équipage, l'agent consignataire, les autres créanciers. De ce fait, notre avocat dit  qu'étant les 2èmes sur la liste des créanciers, il se peut que nous ne recevions pas l'intégralité de ce qui nous est dû. Le rapport de la vente du navire sera largement entamé par les droits de quai (qui augmentent chaque jour). Il se peut même qu'il ne reste rien pour nous alors qu'il est internationalement pensé que c'est l'équipage qui devrait être le créancier privilégié puisque c'est lui qui souffre le plus. Rester à bord ne ferait qu'accroître les dépenses et réduire la somme nous revenant. L'avocat nous informe que nous serons rapatriés, qu'il n'est pas besoin que nous restions là en attendant le verdict, puis la vente du navire, que les sommes dues nous seront adressées chez nous. - Les Affaires Maritimes nous informe que le gouvernement libérien, état du pavillon du "SEA KING" a signé une convention assurant le rapatriement des équipages des navires battant son pavillon, en cas de défaillance de l'armateur. Nous exposons â l'avocat que nous ne voulons pas rentrer chez nous sans argent. Il nous dit que le seul moyen d'en avoir c'est de vendre le navire puisque l'armateur fait défaut. Il va essayer de demander aux autorités libériennes de nous accorder des avances sur nos salaires, nous permettant de rallier nos domiciles et, une fois arrivés chez nous, de pouvoir subsister, nos familles et nous, en attendant d'avoir du travail. Les autorités libériennes répondent catégoriquement non, qu'elles ne sont pas tenues de nous consentir des avances, qu'elles nous doivent seulement le rapatriement et, si nous n'acceptons pas et ne coopérons pas, ils ne nous feront pas d'autre offre.  - I.T.F. nous accorde une avance de salaire d'un mois, plus un mois de congés. Nous ne pouvons nous défendre nous-mêmes et nous lui faisons confiance.  La grosse question est de savoir qui sera le créancier prioritaire ; très probablement ce seront les autorités portuaires dont la créance augmente chaque jour, risquant même d'égaler le montant de la vente du "SEA KING". - Des vivres sont donnés par les soins du DK Seamen' s Club et Pierre. Nous recevons également de l'aide de la part d'équipages philippins et pakistanais de passage dans le port de Dunkerque.- 15 Juin : l'avocat vient à bord en compagnie de Pierre ; ils nous répartissent l'argent et nous tiennent au courant des progrès de l'affaire. - 16 Juin : le docteur vient à bord nous vacciner pour le voyage. Nous avons ensuite une soirée d'adieux au Seamen's Club. - 17 Juin : David Dicker célèbre une messe spécialement pour nous au  Seamen's- lub. - 18 Juin : on vient nous chercher à 3 H. du matin pour Paris où nous devons prendre l'avion. Heureux de rentrer à la maison même avec peu d'argent en poche. Merci à tous ceux qui nous ont aidés … Ce témoignage provient de la Lettre Intergroupes de Dunkerque. ………..


Nouvelles des ports


Dunkerque/Loon Plage Le Conseil Portuaire de Bien Etre du Port de Dunkerque s’est réuni le 26 février dans les locaux des Affaires Maritimes en présence d’une cinquantaine de participants. En ouvrant la séance, le Président Philippe Bertonèche fait observer une minute de silence à la mémoire de l’ancien Président du CBE, le Commandant Noêl Juhère, décédé en 2009. Le rapport d’activités rappelle que l’année 2009 a été marquée par la création de la Commission Portuaire de Bien Etre de Dunkerque, la première en France. La distinction entre le Conseil Portuaire et la Commission Portuaire est que le premier est une association loi 1901, ce qui lui permet de recevoir des subventions, alors que la deuxième est une structure de concertation administrative créée parle Préfet, sans personnalité morale, ‘n’ayant pas vocation à gérer des services ni à recevoir des financements. Sur le plan activités, les deux foyers d’accueil ont, malgré la crise, continué à assurer les mêmes services aux marins. La situation financière  présente une diminution des recettes de prés de 16 000€ rapport à l’année 2008, année qui avait bénéficié de produits exceptionnels de 12 100 € .. On constate également une baisse des contributions volontaires due à la diminution du nombre de navires en 2009. Une augmentation du taux de cette contribution ainsi que le doublement de la subvention du Grand Port Maritime de Dunkerque ont permis d’atténuer les effets des baisses mais il importe d’être vigilant. Le taux des cotisations est resté sans changement. Quitus a été donné au Trésorier pour ses comptes. Le renouvellement du bureau a vu la reconduction à l’unanimité de tous ses membres. M. Philippe, Directeur Départemental adjoint des Territoires et de la Mer délégué à la mer et au littoral, (DDTM) a ensuite donné une longue explication de l’évolution de l’administration des Affaires Maritimes dans le cadre de la Réforme de l’Administration de l’Etat. En réponse à une question posée, M.Quéré, président de l’AGISM, a confirmé que les travaux d’augmentation de la capacité hôtelière de l’Hôtel Les Gens de Mer auront bien lieu. Plus aucune question  n’étant posée le Président Philippe Bertonèche lève la séance et invite les participants à la continuer sous une forme plus conviviale.

Depuis quelques semaines le BOE OCEAN, navire battant pavillon maltais, est bloqué dans le port. Ce navire venait d’être vendu, son acquéreur avait commencé à y charger de l’orge mais une inspection a révélé des failles dans une cloison. Le nouveau propriétaire se retourne donc contre le vendeur. Un contentieux est ouvert. L’immatriculation IMO permet de savoir que ce navire a été construit dans les années 1977.

 


St Malo : bonsoir à tous. Nous devrions avoir notre foyer à la fin de l'année ou début 2011. La première réunion du bien-être des gens de mer est prévue en avril. Nous avons un navire estonien saisi pour des dettes de l'armateur, 7 personnes sur 11 ont été rapatriées, nous avons proposé nos services à 'équipage sans succès. Louis TROTIN

 


Lorient : L’assemblée générale annuelle de Marin’Accueil s’est tenue le 26 février. Roger Guillou, vice président de la Faam pour l’Atlantique y participait. Dans un mail précédent la rencontre, Emmanuelle Trocadéro, permanente de l’association, signalait qu’un courrier avait été envoyé au Sous Préfet, avec copie au Directeur des Affaires Maritimes, pour leur faire part de l’inquiétude des membres du club concernant l’avenir du foyer si un financement n’est pas assuré. Elle souhaitait savoir si dans les 4 ports où  des commissions portuaires étaient en place il y avait eu des retombées financières pour les foyers d’accueil.*Dans son intervention, le Président, Jean Postic a  mis l'accent sur le déficit de l'ordre de 5000 euro et a fait appel à tous les contributeurs habituels pour permettre à l'association de continuer d'exister.  Les ressources du club proviennent essentiellement des collectivités locales :Du Ministère de L'Equipement, de La Région ,du   Département , de La Ville de Lorient ,de la Communauté de communes mais également des Oeuvres de mer  et de divers dons de Sympathisants .Le budget global est de l'ordre de 37000 euro. Aucun changement n’était à prévoir parmi les membres du bureau. Marin’Accueil doit recevoir le 11 mars un véhicule neuf financé par ITF 70% la région Bretagne 20% et le Conseil Général du Morbihan 10% La situation de Lorient est donc : des marins, un local, des bénévoles, une salariée mais pas le budget nécessaire. L’association compte donc vivement sur la création de la commission portuaire de bien être pour sortir du rouge. Lorient est sur la liste des ports devant avoir une telle commission.


Bayonne et la Rochelle/la Pallice : nous avons eu des nouvelles rassurantes de ces deux foyers qui n’ont heureusement pas trop souffert de Xynthia.

Nos amis de la Rochelle/Pallice nous ont communiqué  copie de la demande qu’ils ont adressée aux  consignataires et agents maritimes pour mettre en place un système de contributions volontaires. C’est un texte bien argumenté. Je le signale aux ports qui seraient intéressés par la même démarche. Demandez le à Marin’Escale e.mail Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. A.Ll..

 

Port de Bouc

 

Février 2010  Malgré les difficultés signalées au cours de l’année, et grâce à une certaine reprise de l’activité  portuaire en fin d’année, nous avons pu terminer l’exercice 2009 en équilibre. Il faut rendre hommage aux efforts de tous, salariés et bénévoles, qui ont fait le maximum pour maintenir le service, et signaler aussi que les marins ont été mis à contribution par une légère augmentation  des marges..Avec l’Assemblée Générale qui s’est tenue le 11 février, l’association s’est donnée un nouveau Président : François Bascove (rappelons le décès, l’été dernier, de Philippe Delaporte,qui avait été élu l’an dernier), Frédéric Steinschneider restant Vice-Président. Pour l’instant, il n’y a toujours aucune nouvelle de la création  d’une commission portuaire à Marseille.

 

 

 

Marseille .

 

Le 4 février nous avons eu notre assemblée générale ordinaire suivie d'une assemblée générale extraordinaire. Si lors de l'assemblée ordinaire nous avons constatée avec plaisir une augmentation plus que significative du nombre de marins accueillis (37198), certains problèmes ont été évoqués  - des bénévoles se plaignent d'être transformés en chauffeur de taxis et d'avoir de moins en moins de contacts avec les marins;

- l'Internet et particulièrement la WIFI ont transformé complètement le fonctionnement des foyers, il y a des soirs où les marins arrivent, s'installent avec leur portable et repartent sans avoir échangé un seul mot avec les bénévoles ou les salariés.

- le foyer de la rue de Forbin est éloigné du port et actuellement le nombre de marins est tel que les bénévoles ont beaucoup de difficultés à les raccompagner.

L'année 2009 s'est terminée avec deux soucis principaux. Nous attendons de savoir quel sera l'avenir de notre foyer de la gare maritime des croisières, nous devons déménager mais nous n'avons pas actuellement d'informations sur les nouveaux aménagements que le port doit mettre à notre disposition, l'année 2010 sera sûrement pleine d'imprévus. L'année s'est terminée sans que la Commission Portuaire de Bien-Être ne se réunisse et en plus avec les élections nous devrons attendre que le nouveau conseil régional

désigne son représentant pour pouvoir réunir la Commission. Le rapport du trésorier nous permet de constater que notre compte d'exploitation est presque en équilibre mais que nous avons du réduire nos dépenses car nos recettes ont diminué. C'est surtout le nombre de cartes téléphoniques vendues qui a diminué. Nous avons accueilli plus de marins mais chaque marin dépense moins. Nous avons légèrement diminué le budget prévisionnel de 2010 par rapport à celui de 2009. Pour une association loi 1901 seule l'assemblée générale peut prendre des décisions, le conseil d'administration et le bureau ne sont là théoriquement que pour exécuter ses décisions. L'assemblée générale extraordinaire a été d'accord pour modifier nos statuts afin de donner plus de pouvoir au conseil d'administration, au bureau et au président. Le bureau ne pouvait pas embaucher ou licencier des salariés et le président signer des contrats de travail sans l'accord de l'assemblée générale, il en était de même pour l'ouverture ou la fermeture de comptes bancaires. Nous avons aussi spécifié que la participation des armateurs était un don de manière à ce qu'il ne puisse pas être imposable. La composition du conseil d'administration a été modifiée et y est associé le directeur de l'Hôtel Les Gens de Mer où l'AMAM est domiciliée et où se trouve notre premier foyer depuis 1994.

 

 

N’oubliez pas d’envoyer le compte rendu de votre activité en 2009 à la Société des Œuvres de Mer  7 r.Blanche 75009 PARIS . Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. Merci. ’

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